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Pourquoi on se perd en silence (et comment revenir à soi)

  • 26 avr.
  • 3 min de lecture

Dernière mise à jour : 16 mai

orchidée de couleur violette
orchidée de couleur violette

On ne disparaît pas d’un coup. On s’éloigne de soi, un moment à la fois.


Ça n’a pas ressemblé à une grande décision, juste un moment où j’ai choisi de ne rien dire.

Puis un autre, et encore un autre.


Sur le moment, ça paraît insignifiant. Mais c’est souvent comme ça que commence une forme de déconnexion de soi. Pas brutalement mais progressivement, en silence.


Une expérience simple… en apparence


J’ai rejoint un groupe en ligne pour parler de nature. Dit comme ça, c’est presque étrange. Il aurait suffi de sortir, d’observer, d’écouter.


Et pourtant, cet espace était chaleureux, accueillant. J'y trouvais de la bienveillance, de l’attention, une forme de lien. On partageait. On apprenait. On échangeait des points de vue.


Et sans s’en rendre compte, quelque chose de plus subtil s’installait : quand on reçoit de l’attention, on peut inconsciemment commencer à s’ajuster pour la préserver.


Pourquoi on se perd en silence


Au départ, cet espace ressemblait à un refuge. Puis, peu à peu, une dissonance est apparue. Je ne l'ai pas immédiatement identifié. Mais il y avait dans mon corps une sensation diffuse.


Je lisais certains messages, et je sentais une tension dans mon corps. Une sorte de contraction qui s'est transformée en irritation !


Le réflexe d’auto-censure


Très vite, une autre voix intervenait : “Ce n’est pas grave.” “Laisse passer.” “Ce n’est pas important.”


Alors je me taisais. Par politesse, pensais-je, et aussi par respect et par envie de bien faire.

Mais intérieurement, rien ne se calmait. J’écrivais des réponses. Je les relisais, puis je les supprimais. Comme si chaque mot pouvait déranger. Comme si m’exprimer risquait de modifier la place que j’occupais.


Ce qui se joue vraiment


Avec du recul, le mécanisme devient plus clair. Ce n’était pas seulement une question de désaccord.

C’était une tension entre deux besoins fondamentaux : rester fidèle à ce que je ressens ou rester acceptée.


Et quand ces deux besoins entrent en conflit, beaucoup d’entre nous choisissent, souvent sans s’en rendre compte, l’adaptation. On ajuste. On filtre. On adouci, jusqu’à ce que quelque chose en nous devienne moins accessible.


Quand on devient invisible à soi-même


C’est là que le basculement s’opère. Je ne faisais pas que me taire. Je commençais à ne plus me voir clairement. Je modifiais mes réactions. Je retenais ce qui était vrai. Je lissais ce qui me traversait.


Et plus je le faisais, moins je pouvais me sentir pleinement. C’est un phénomène discret, mais puissant : quand on s’éloigne de ce que l’on ressent, on perd progressivement le lien avec soi.


Le coût invisible du silence


On pourrait dire que ce n’était pas si important. Après tout, ce n’était qu’un groupe en ligne. Mais la perte de soi ne dépend pas du contexte. Elle dépend de la répétition, des petits renoncements invisibles.


Les émotions passent mais la déconnexion s’installe. Alors une autre question apparaît : que me coûte le fait de m’exprimer ? Et que me coûte le fait de me taire ?


Parce que le silence n’est jamais neutre. Il peut apaiser mais il peut aussi éloigner de soi.


Le moment de lucidité


À un moment, quelque chose est devenu évident. Ce n’était pas une histoire de groupe. C’était l’histoire d’une personne qui, en cherchant à bien faire, avait cessé de se rejoindre elle-même.


Et quand on cesse d’être présent à soi, une forme d’incohérence intérieure apparaît.

On ne reconnaît plus ses réactions. Notre silence ne nous ressemble plus.


Choisir de revenir à soi


J’ai finalement quitté ce groupe. La décision a mis du temps à émerger puis elle est devenue simple. Un clic, un geste presque banal. Et pourtant, immédiatement, quelque chose s’est réaligné. Comme si je redevenais visible à moi-même.


Le doute… puis la vraie question. Presque aussitôt, le doute est revenu : Ai-je réagi trop vite ? Ai-je fui ?


Mais une autre question, plus juste, a pris sa place : et si, pour une fois, je n’avais pas choisi de disparaître de moi-même ? Si j'avais choisi de me reconnecter à moi même.


Ce que la nature m’enseigne


Aujourd’hui, je reviens à moi en marchant dans la forêt. La nature ne cherche pas à être validée. Elle ne s’adapte pas pour plaire. Elle est simplement là, entièrement et sans filtre ni compromis.


Ce que j’apprends, c’est ceci : on ne se perd pas d’un coup.


On se perd dans de petits silences répétés, presque imperceptibles. Jusqu’au moment où l’on ne sait plus vraiment où l’on est en soi.

Alors la question n’est plus : dois-je parler ou me taire ? Mais suis-je encore en lien avec moi-même, ici, maintenant ?


Parce que revenir à soi ne signifie pas toujours parler, mais cela demande de ne pas disparaître.


Pour aller plus loin:




Ce texte a également été traduit dans une autre langue - site medium



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